POURQUOI ET COMMENT LES SACS PLASTIQUES POLLUENT-ILS ?
LES SOLUTIONS DE REMPLACEMENT
LES PSEUDO DEGRADABLES
LES AUTRES INITIVATIVES DANS LE MONDE
QUELQUES DONNÉES ET CHIFFRES
TEXTES

Pourquoi et Comment les sacs plastiques polluent-ils ?

Dix sept milliards de sacs plastique sont fabriqués chaque année uniquement pour la France. 
Ces sacs sont constitués majoritairement de Polyéthylène ou plus rarement de PP (Polypropylène) ou de PVC (Polyvinyle Chlorure). Ces matières premières dérivent à 100% des produits pétroliers et ne sont pas biodégradables. 
Il faut moins d'une seconde pour fabriquer un sac plastique qui restera en moyenne 20 minutes dans vos mains et mettra près de 400 ans à disparaître dans la nature c'est-à-dire nos champs, nos forêts, nos lacs, nos montagnes et nos océans. 
A cette pollution visuelle il faut ajouter la mortalité induite pour la faune marine car dauphins et tortues, entre autres, les confondent, les ingèrent et meurent d'occlusion intestinale ou d'étouffement !

Incinération !

Lorsque ces sacs ne sont pas purement et simplement abandonnés, ils sont incinérés. Ils contribuent ainsi à la pollution par incinération qui génère de nombreux polluants chimiques comme les Dioxines et concentre les métaux lourds comme le mercure, le plomb et le cadmium ou l'arsenic. 
Il faut savoir que l'incinération n'est en rien le feu du ciel purificateur mais un bien piètre pis-aller que les pays les plus évolués considèrent désormais comme une technologie dépassée. 
Ainsi à partir d'une tonne de déchets ménagers incinérés on obtient malheureusement 350 kg de mâchefers pollués dont 35 kg de déchets dits ultimes les REFIOM, composés hautement toxiques dont on ne sait que faire ! Quant aux mâchefers eux-mêmes, la partie la moins polluée partira sur nos routes et même nos chemins forestiers comme remblai où ils continueront tranquillement à distiller leurs polluants grâce au lessivage par les eaux pluviales ! 
Pour le reste des traitements de dépollution complémentaires coûteux ou le placement pur et simple en décharge sont les alternatives actuellement préconisées...

L'incinération n'apporte donc rien à la recherche d'un "développement durable " mais produit un ensemble de déchets toxiques représentant plus d'un tiers du poids des déchets non toxiques (nos déchets ménagers) que nous lui avions confié. 
Ces déchets nécessitent d'autres technologies de traitement pour malgré tout atterrir dans une décharge qui n'est jamais une garantie de sécurité. Même si les nouveaux incinérateurs limitent désormais les rejets de polluants aériens ces derniers n'en demeurent pas moins dangereux et ce qui n'est plus rejeté se concentre alors dans les REFIOM. 
Ce fait est maintenant reconnu par une convention internationale sur les polluants persistants (Convention de Stockholm) qui préconise la substitution de l'incinération. 
On est en droit de conclure que si l'incinération a une justification fondamentale, ce n'est pas dans la politique de prévention et de précaution du développement durable qu'il faut la chercher ni dans la protection de la santé publique...

Vous avez dit Dioxines ?

A Seveso, à quelques kilomètres au Nord de Milan, le 10 juillet 1976 : un nuage de dioxines s'échappe de l'usine Hoffman-Laroche et recouvre la ville. L'augmentation constatée des cancers sur la zone contaminée est l'une des raisons qui ont amené l'OMS à classer la dioxine dans la catégorie des cancérigènes en 1997. En France, de 1 800 à 5 200 décès annuels par cancer seraient dus à la dioxine selon la très prudente estimation du Comité de la Prévention et de la Précaution du Ministère de l'Environnement. Très stables, les Dioxines sont peu biodégradables et même peu dégradables tout court. Elles sont de plus lipophiles, c'est à dire qu'elles s'accumulent dans les tissus graisseux, et ce tout le long de la chaîne alimentaire. On parle de composés bioaccumulables. 
Ainsi les Dioxines se retrouvent principalement dans le lait, le beurre, la viande de boeuf et la viande et le poisson en général mais peu dans les légumes et le sol. L'homme étant au bout de cette chaîne, il est important de savoir quels sont les effets nocifs de tels composés sur la santé humaine. 
Impliquées dans la cancérogenèse et notamment le cancer du sein, les Dioxines altèrent également le fonctionnement hormonal normal et sont responsables de problèmes respiratoires et d'allergies.

NB : On rappelle que le lait est retiré de la consommation lorsque la teneur en dioxines dépasse 5 picogrammes/g de matière grasse (1 pg = 1 millionième de millionième de gramme !), l'indemnisation de l'agriculteur étant alors assurée par l'exploitant de l'usine d'incinération d'ordures ménagères !

Les Nouvelles Technologies

Pourtant les nouveaux procédés existent et sont de plus en plus utilisés dans les pays évolués notamment les pays anglo-saxons, la Belgique, la Suisse ou l'Italie. Tout d'abord il faut généraliser l'emploi de sacs biodégradables et compostables. Ces sacs disparaissent tout en présentant une résistance au moins égale à celle des sacs plastiques. Il en existe deux sortes : les sacs en papier et les sacs en amidon de maïs.

Les sacs papier cependant présentent quelques désavantages : ils demandent plus d'énergie pour être produits (5 à 7 fois plus qu'un sac en amidon de maïs), les papeteries sont des industries polluantes qui consomment énormément d'eau et surtout le papier met beaucoup plus de temps à se décomposer, ce qui le rend peu intéressant pour le compostage industriel. 

Les sacs en amidon de maïs sans OGM sont quant à eux "consommés " très rapidement par les micro-organismes du sol, des rivières, des lacs ou des océans. Leur durée de vie est donc extrêmement limitée, de l'ordre de 3 semaines à deux mois selon le climat, et ce sont donc des candidats de choix pour le compostage industriel.

Le Compostage ? De quoi s'agit-il ?

Le compostage est un procédé naturel qui consiste à placer des produits fermentescibles dans des conditions (température, humidité, oxygénation, présence de micro-organismes du sol etc...) permettant leur biodégradation. Pratiquement le système, même industrialisé, est extrêmement simple dans son principe. 
Il faut au préalable que le tri sélectif complet ait été réalisé, c'est-à-dire que le tri des produits organiques de votre assiette et/ou de votre jardin : déchets verts, coquilles d'œuf, épluchures, marc de café, os de poulets etc... aient été réalisé. Ce tri nécessite l'utilisation de sacs biodégradables et compostables.

Ces sacs contenant les déchets sont ensuite collectés, broyés et mélangés de façon à optimiser la fermentation puis disposés sous forme d'andains (tas allongés, comme les foins coupés dans les champs arrangés en long sur le sol pour le séchage avant la mise en botte). 
Ces andains seront retournés et aérés, leur humidité maintenue tout au long du processus de compostage à l'aide de machines spécifiques comme les tourneurs d'andains. 
Ce système ne génère pas de Dioxines, utilise un processus naturel et valorise les déchets ménagers en donnant au bout du compte en 8 à 12 mois, un compost c'est-à-dire de l'humus, utilisable par l'agriculture traditionnelle et/ou le jardinier amateur. 
Par ailleurs le compostage est en moyenne 4 fois moins cher que l'incinération et tout autant créateur d'emplois. Enfin d'autres procédés existent comme la biométhanisation qui permet sur un temps plus court mais avec des installations plus lourdes de produire environ 50 à 70 % de méthane.


Même les Papous de Nouvelle Guinée n'en veulent plus !

L'Afrique du Sud interdit les sacs plastique, de même l'île de Taiwan au 1er Janvier 2003. 
Au Pakistan c'est déjà fait comme au Bangladesh, et l'Inde a commencé à les interdire dans certains états tandis que le Népal s'y prépare. 
Le gouvernement de la Nouvelle Zélande a mis son bannissement à l'ordre du jour, L'Australie a lancé la campagne " Ban the Bag " (Bannissez le sac plastique), alors même que les papous de Nouvelle Guinée à travers the Papua New Guinea Coastal Cleanup Association étudie avec le gouvernement de l'île les modalités de l'interdiction des sacs plastique. En Irlande les sacs plastique sont lourdement taxés et devant le succès de cette décision, le gouvernement Blair envisage de faire la même chose en Angleterre 
Quant aux pays du Nord ils préfèrent et utilisent les sacs biodégradables de concert avec le Canada, la Suisse et l'Italie. 
La France s'y prépare aussi car il ne s'agit pas d'une mode ou d'un débat partisan mais bien d'un processus mondial de rejet. 
La Corse a montré l'exemple avec le Festival du Vent, initiateur de l'appel " I sacchetti in plasticcu basta ! " il y a deux ans déjà. Ainsi les supermarchés de Calvi, la Foire aux Châtaignes de Bocognano, Corsica Ferries ont adopté les sacs biodégradables tandis que la grande distribution en étudie le principe bientôt suivie par l'ensemble des commerces de l'île.
L'Office de l'Environnement de la Corse et son président Jérôme Polverini ont présenté les résultats de leurs études et réflexions sur ce sujet important qui démontrer que la Corse peut pérenniser ses magnifiques ressources naturelles qu'elle doit préserver dans un développement viable.

Le Festival du Vent

DES SOLUTIONS DURABLES...

les sacs cabas

Le sac cabas est, sur le long terme, plus écologique (moins de matières premières, moins d’énergie, moins de déchets...). La contenance d’un sac cabas est nettement supérieure. De plus, le nombre d’utilisation de chaque type de sac diffère. Plus le sac est réutilisé, plus son bilan environnemental est favorable. Dans ce contexte, le sac cabas est le meilleur pour tous les critères environnementaux à partir de 4 utilisations. Si l’on prend l’hypothèse que les ménages font leurs courses toutes les semaines, le gain environnemental est obtenu au bout de seulement 1 mois.

-> Meilleur bilan environnemental à partir de 4 utilisations.
-> Solidité
-> Large contenance

 

les sacs compostables en Mater-Bi

Le Mater-Bi est une matière à base d’amidon de maïs sans OGM, biodégradable qui, après compostage, devient un agent fertilisant pour de nouvelles cultures. Ces sacs permettent la collecte des fermentiscibles et une mise en compostage aisée de ces déchets. Cette filière ne présente aucun rique cancérigène au contraire de l’incinération.
Malheureusement cette filière d’élimination n’est pas développée en France, mais la solution des sacs biodégradables devient intéressante pour les ménages fabriquant leur propre compost dans leur jardin (potentiellement 50% des ménages français)

-> Biodégradé en un à deux mois.
-> Devient intéressant avec le développement de la filière compost
-> Aucun risque pour la flore et la faune.
-> Aucun résidu toxique.

...ET DE FAUSSES SOLUTIONS

le sac en papier

S’il est vrai que le sac en papier utilise les stocks de vieux papiers et cartons, l’ensemble de son cycle de vie (de la production de matière à l’élimination en fin de vie) présente un coût environnemental non négligeable. En effet, pour un même service rendu, le sac en papier est en fait pire que le sac en plastique pour de nombreux critères environnementaux. Ce bilan s’explique notamment par son usage unique.

-> Entièrement biodégradable
-> Compostage long
-> Empreinte écologique lourde.
Par rapport au sac plastique. :
+14% de consommation d’énergie
+240% de consommation d’eau
+82% d’émission de gaz de serre
+83% d’acidification atmosphérique
+150% de production de déchets

les sacs plastiques fragmentables en EPI

Les sacs fragmentables ou sacs photodégradables ne peuvent pas être qualifiés de biodégradables. En
effet, un matériau biodégradable se
décompose en dioxyde de carbone,
eau et sels minéraux et produit une
nouvelle biomasse. Dans le cas du sac plastique en EPI, la dégradation
est de type photochimique. Ce sont
les adjuvants présents dans la matière qui conduisent à une fragmentation du sac sous forme de
“paillettes”. Dans ce cas la pollution visuelle disparaît plus ou moins, mais les déchets de plastiques ne sont pas éliminés et restent disséminés dans la nature.

-> Sacs non biodégradables
-> Pollution par les particules
-> Pas de réelle solution
à la présence de plastique
notamment dans la nature
->Transformation de macrodéchets
en micro-déchets

 

Halte aux sacs plastiques pseudo dégradables !

Répondant à l'appel "Halte aux sacs plastiques" de l'association "Les Amis du Vent", la grande distribution insulaire ne distribue plus de sacs plastique à usage unique sur l'île de Beauté depuis le 1er août 2003. D'autres îles, Saint Barthélémy, La Martinique, La Réunion, l'île de Ré s'apprêtent à suivre cet appel.


Mais cette action écologique est maintenant habilement contournée par des industriels qui commencent à diffuser des sacs en polyéthylène dégradables ou "à durée de vie maîtrisée". Mais ces produits ne sont pas biodégradables !! Il y a confusion. Ils peuvent, dans le meilleur des cas, se réduire en confettis, voire en poussières totalement indestructibles et qui vont persister et s'accumuler dans l'environnement pendant plusieurs siècles. Quel est l'effet de ces micro poussières sur notre santé ? Risquent-elles de passer dans la chaîne alimentaire? Ces questions sont pour l'instant sans réponse. Dans l'eau, sans photo-dégradation, ces sacs restent intacts et vont causer les mêmes dégâts à la faune marine que les sacs en plastique.


Pour le rendre dégradable, les fabricants ajoutent au polyéthylène un additif de déstabilisation. Les fabricants restent muets sur la nature de cet additif !! Quel est-il ? Des études passées et récentes montrent qu'il s'agit de produits toxiques à base de di thio carbamates, un puissant pesticide, qui de surcroît peut contenir des métaux lourds. Ces additifs sont libérés dans le milieu lors de la fragmentation de ces sacs. Ces mêmes études confirment clairement que ces matériaux ne sont pas biodégradables ni compostables. Enfin, ces sacs ne sont pas conformes aux normes récentes sur les matériaux d'emballage biodégradables.


Devant cette situation, qui vise à troubler l'usager par un vocabulaire trompeur, qui ne résout pas cette question environnementale et qui au contraire va l'aggraver, nous alertons solennellement les consommateurs, la distribution et les pouvoirs publics sur les dangers de l'utilisation de tels sacs dégradables ou "à durée de vie maîtrisée" dans notre environnement immédiat et lointain. Seuls les sacs répondant à la norme européenne EN 13432 peuvent se prévaloir d'une complète biodégradabilité et compostabilité. Ils sont reconnaissables à leur certification OK-compost imprimée sur les sacs et délivrée par l'AIB-Vinçotte, organisme certificateur indépendant situé à Bruxelles.


Serge Orru,
Président de l'association Les Amis du Vent et du Festival du Vent, initiateur de l'appel Halte aux sacs plastiques,

Pierre Feuilloley,
Président du COBIO (Comité Français pour la Biodégradabilité)

Florence Couraud,
CNIID (Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets)


LES AUTRES INITIVATIVES DANS LE MONDE


L’IRLANDE
Le 4 mars 2002, le gouvernement irlandais décide de mettre en place une taxe de 15 centimes sur chaque sac plastique payé par les consommateurs.
Cette initiative a permis de réduire de 90% le nombre de sacs plastiques utilisés en une année et a rapporté 9,6 millions d’euros à l’Etat.
Plus important, les consommateurs irlandais ont aujourd’hui une plus grande conscience des enjeux du traitement de leur déchets.
Pour en savoir plus : www.environ.ie


TAIWAN
Plusieurs mesures ont été mises en place par le gouvernement de Taiwan afin de réduire les 3 milliards de sacs utilisés jusqu’alors chaque année.
- Aide à la recherche et développement sur les matières de remplacement du plastique
- Encouragement auprès des industries pour utiliser des matières biodégradables au lieu du plastique.
- Partenariat avec les grandes surfaces pour mettre en place des mesures incitant les consommateurs à amener leur propre sac (remises)
- Depuis le 1er janvier 2003, la distribution de sacs en plastique est interdite dans les supermarchés, la restauration rapide et les grands magasins. Les consommateurs souhaitant utiliser un sac plastique devra l’acheter.
Pour en savoir plus : www.epa.gov.tw


LE CANADA
Le Canada a lancé en 1990 un Protocole National sur l’Emballage avec pour objectif de réduire de 50% la production de déchets en 2000. Cet objectif a été atteint en 1996 soit 4 ans avant l’échéance prévue.
Aujourd’hui, des centres de compostage industriel ont été mis en place et traite près de 50% de la collecte des déchets du pays.
Pour en savoir plus : www.ccme.ca

QUELQUES DONNÉES ET CHIFFRES

Des campagnes d’observations aériennes ont montré que les déchets de plastique représentent la plus grande partie des déchets trouvés au
fond de la mer (entre 60 à 95% des déchets observés selon les sites).
Les fleuves (à leur embouchure), les agglomérations urbaines situées sur le littoral, les zones touristiques ainsi que les navires (de commerce
et de plaisance) sont responsables de la plupart des apports de macro-déchets sur les côtes françaises.
Les conséquences des sacs plastiques en mer sont néfastes. Leur stagnation près de la surface de la mer et entre les rochers provoque, en
empêchant la lumière de pénétrer, le réchauffement de la température de l’eau et une altération de la chaîne alimentaire.
En outre, certains grands organismes marins (tortues, cétacés, thons) confondent sacs plastiques et source de nourriture (méduses) et risquent
l’étouffement.
Il faut 450 ans à 1m2 de posidonie pour se constituer. C’est le temps que mettra le sac plastique qui recouvre les fonds marins pour disparaître.

 

TEXTES

Article de Serge Orru paru dans l'ouvrage "Économie et développement durable : sept secteurs en débat" par le comité 21.

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